L'Encyclopédie des sciences de l'organisation : 100 ans de théories pour (tenter de) comprendre comment les humains s'organisent.

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10 janv. 2014

Rencontre avec une personne remarquable : Thomas C. Schelling

Thomas C. Schelling (1921) est un économiste américain, spécialiste de la dissuasion nucléaire et des relations internationales.

T. Schelling se considère comme an errant economist, non seulement parce que ses intérêts (d’économiste) dépassent constamment les frontières strictes de la discipline, mais aussi parce qu'il utilise le raisonnement économique dans l’étude des processus sociaux d’interaction et de marchandage qui mettent en scène des individus en train de négocier et de s’adapter à leur contexte, autant que le leur permet leur rationalité. 
En cela, son œuvre et ses analyses intéressent très directement la réflexion organisationnelle centrée autour du problème de la coopération et de la coordination.

De La Stratégie du conflit...  
Par l’utilisation heuristique du raisonnement de la « théorie des jeux », T. Schelling a profondément renouvelé l’analyse de la coordination, de la négociation et des conflits, notamment dans un livre publié en 1960, et qui l’a rendu célèbre, The Strategy of conflict. Dans ce livre, qui porte sur des problèmes de relations internationales, T. Schelling revisite les conceptions du gouvernement américain en matière de stratégie et son approche du contrôle des armements au début des années 1960. Mais T. Schelling ne s’arrête pas là : il développe un cadre conceptuel général pour penser l’interdépendance stratégique entre acteurs et sa gestion rationnelle, cadre qu’il appliquera plus tard à l’étude de la prolifération nucléaire, du terrorisme, du crime organisé et, dernièrement, à l’analyse des négociations autour du changement climatique.


... à La Tyrannie des petites décisions
Son intérêt pour les phénomènes d’interdépendance et d’interaction des comportements le conduit à s’intéresser aux processus qui font que des motivations individuelles raisonnables et acceptables d’acteurs rationnels produisent des résultats imprévus, non voulus et le plus souvent difficiles à accepter au plan collectif. C’est Micromotives and Macrobehavior (La Tyrannie des petites décisions), publié en 1978. 

... et au management de soi
Toujours intrigué par la difficulté qu’ont les individus à gérer leur comportement, il s’est intéressé, dans Choice and Consequence (1984), aux comportements de dépendance (drogues, tabagisme…) dans la perspective du « commandement ou contrôle de soi ». Dans cet ouvrage, il cherche à comprendre la nature des négociations que les individus doivent mener avec eux-mêmes. 

Cette très brillante carrière académique a conduit Thomas C. Schelling vers le Prix Nobel d'Economie, qu'il a obtenu en 2005. Tout au long de sa vie, il a mené de très nombreuses collaborations avec le gouvernement américain en tant que spécialiste de la dissuasion nucléaire et des relations internationales, carrière qu'il a commencé très jeune dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale.

Retrouvez-le dans notre catalogue et au sein de l'Encyclopédie des sciences de l'organisation, au sein de l'approche économique.


Plus d'informations sur Thomas C. Schelling


Dans la vidéo ci-dessous enregistrée en 1998, Thomas C. Schelling revient ici sur ses débuts d'économiste durant la seconde guerre mondiale, une période difficile mais pleine d'opportunités. 

Retrouvez le dans le catalogue avec des extraits d'un entretien réalisé en 2010, et dans lequel il analyse le traité de Kyoto (voir la bande annonce).